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L'Iran a tenté de bloquer un pétrolier britannique, dit Londres
information fournie par Reuters 11/07/2019 à 17:27

 (Actualisé avec niveau d'alerte relevé §6-7, Gibraltar §10)
    par William Schomberg
    LONDRES, 11 juillet (Reuters) - Trois navires de guerre
iraniens ont tenté de bloquer mercredi le passage d'un pétrolier
britannique par le détroit d'Ormuz, à l'entrée du Golfe, mais
ils se sont retirés à la suite d'avertissements lancés par un
bâtiment de la Royal Navy présent dans le secteur, a déclaré
jeudi le gouvernement britannique.
    Londres a exhorté les autorités iraniennes à "favoriser une
décrue de la tension dans la région" après ce nouvel incident,
qui a visé le pétrolier British Heritage, affrété par BP  BP.L 
et battant pavillon de l'île de Man.
    "Le HMS Montrose a été contraint de prendre position entre
les navires iraniens et le British Heritage, et d'émettre des
avertissements par radio aux navires iraniens, qui ont fait
demi-tour", a dit le porte-parole du gouvernement à Londres.
    Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad
Zarif, cité par l'agence de presse Fars, a jugé les informations
britanniques "sans valeur". Quant au corps d'élite des Gardiens
de la Révolution, il a démenti que des navires aient tenté de
faire stopper ce pétrolier britannique.
    La branche navale des Gardiens a indiqué dans un communiqué
que ses patrouilleurs n'avaient rien signalé d'anormal. "Au
cours des dernières 24 heures, il n'y a pas eu de rencontre avec
des navires étrangers, britanniques ou autres", lit-on dans le
communiqué.   
    Le niveau d'alerte pour les navires britanniques transitant
par le détroit d'Ormuz a été relevé à son maximum, a-t-on appris
auprès d'un responsable britannique des services de sécurité. 
    Le Royaume-Uni est déterminé à défendre les intérêts
maritimes britanniques dans le Golfe mais n'a aucun intérêt à
une escalade, a déclaré cette source. 
    L'incident intervient moins d'une semaine après que les
Royal Marines britanniques ont saisi au large de Gibraltar un
supertanker iranien qu'ils soupçonnaient de vouloir acheminer du
pétrole en Syrie, en violation des sanctions imposées par
l'Union européenne depuis le début du conflit syrien, en 2011.
 
    Téhéran demande depuis lors que le supertanker Grace 1
puisse repartir et a menacé à plusieurs reprises la
Grande-Bretagne de représailles.    
    
    ALOURDISSEMENT DES SANCTIONS
    La police de Gibraltar a annoncé jeudi l'arrestation du
capitaine du superpétrolier pour violation des sanctions
européennes contre la Syrie. "Les investigations se poursuivent
et le Grace 1 continue d'être retenu", a-t-elle dit deans un
communiqué, ajoutant que des documents et appareils
électroniques avaient été saisis.  
    Le contre-amiral Ali Fadavi, l'un des commandants des
Gardiens de la Révolution, a dit jeudi que le Royaume-Uni et les
Etats-Unis regretteraient d'avoir saisi le Grace 1.
    "Le gouvernement américain, et aussi l'Angleterre n'auraient
pas dû commettre cet acte-là, s'ils avaient réfléchi ne
serait-ce qu'un instant", a-t-il déclaré, ajoutant: "Nous avions
affrété ce navire et nous transportions sa cargaison. Leur acte
est vraiment stupide et il est certain qu'ils le regretteront.
Nos mesures de réciprocité seront dévoilées".
    Les tensions entre l'Iran d'un côté, et les Etats-Unis et
leurs alliés de l'autre, se sont amplifiées depuis que
l'administration américaine a accru les sanctions économiques
visant l'Iran, notamment dans le but de réduire à néant les
exportations iraniennes de pétrole.
    Mais pour le général François Lecointre, chef d'état-major
des armées françaises, les tensions dans le Golfe ne peuvent, à
ce stade, conduire à un "dérapage non contrôlé".  
    Washington accuse l'Iran d'avoir orchestré des attaques
contre des pétroliers dans le golfe d'Oman et le détroit d'Ormuz
en mai et en juin. Téhéran rejette ces accusations.
    Les Etats-Unis espèrent parvenir sous peu à mobiliser des
alliés au sein d'une coalition militaire destinée à assurer la
sécurité de navigation dans le golfe arabo-persique, a déclaré
mardi un commandant de l'armée.  
    Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi qu'il
comptait "considérablement" alourdir les sanctions à l'encontre
de Téhéran, en l'accusant de poursuivre en secret et de longue
date son programme d'enrichissement d'uranium.  
    Un an jour pour jour après le retrait des Etats-Unis de
l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, l'Iran a
entamé le 8 mai dernier un processus de désengagement par
étapes, tous les 60 jours, afin de pousser les Européens à tenir
leurs promesses de compensation des sanctions américaines.
 

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British Heritage British Heritage    https://tmsnrt.rs/32jajEC
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 (Idrees Ali et Babak Dehghanpisheh; Jean Terzian, Eric Faye et
Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
 

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